Les Guichets uniques d’assistance aux femmes et enfants victimes de violence, une sève dans la prise en charge des victimes de violences

AZUR Développement travaille en partenariat avec ASI (Action Solidaire Internationale) sur le projet de « Renforcement de la société civile et des acteurs étatiques pour améliorer le respect des droits des filles et des femmes congolaises ».

L’objectif de ce projet est de contribuer à l’amélioration du respect des droits des femmes et filles congolaises, ainsi qu’au renforcement de la société civile et les acteurs étatiques pour mettre à 14000 femmes et jeunes filles vulnérables de Brazzaville et Pointe-Noire de bénéficier d’une protection de qualité contre les violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques.

Ce projet comprend trois axes d’intervention notamment : la sensibilisation, la protection et le plaidoyer. Le volet protection dans le cadre de ce projet, comprend la mise en place du Guichet unique d’assistance aux femmes et aux enfants victimes de violence.

Le guichet unique est une structure d’accueil, d’information et de prise en charge globale des victimes de violence. Agencé  en 2014 à Pointe-Noire avec l’appui de l’ambassade de France, ce projet bénéficie aujourd’hui d’un cofinancement de la délégation de l’UE au Congo et comprend les deux grandes villes du pays : Brazzaville (Makélékélé, Mfilou, Moungali, Talangaï et Nganga Lingolo) et Pointe-Noire (Lumumba, Tié-Tié, Loandjili, Ngoyo).

Les femmes et enfants victimes de violence de tout genre, violences sexuelle, physique, psychologique, économique et spirituelle, ont accès aux services suivants : la prise en charge psychologique, médicale, juridique et judiciaire.

Les guichets de Brazzaville et Pointe-Noire travaillent en collaboration étroite avec la Police, la Gendarmerie, les centres de santé ou les hôpitaux et le Tribunal.

Apporter un appui psychologique et sanitaire aux femmes et filles vulnérables victimes de violence

Les femmes et les filles victimes de violence sont orientées vers les médecins agréés. Elles sont encouragées à faire un test de dépistage du VIH dans les 72 heures qui suivent l’agression. Le Guichet unique prend en charge le paiement des consultations médicales, des examens biologiques et des médicaments, ainsi que le suivi.

A Pointe-Noire, sur 70 cas de violences physique et sexuelle, nécessitant une prise en charge médicale, 58 cas soit 83% ont été consultés dans des centres de santé et suivis le traitement, contre 24 cas de violence sur 39 à Brazzaville. Soit un taux de 75% pour les deux villes.

L’appui psychologique est assuré par le psychologue à travers des consultations individuelles et des groupes de parole. Sur l’accompagnement psychosocial des victimes, 46% soit 61% des cas reçus ont bénéficié des séances individuelles avec le psychologue. Par ailleurs, à Pointe-Noire, sur 104 cas de violence enregistré, le psychologue a suivi 49 soit 47% des cas reçus.

Les groupes de parole sont organisés une fois le mois. L’objectif du groupe de parole est de permettre à chacun de s’exprimer librement sans être juger par les autres.

Accompagner juridique et judiciaire des femmes et filles vulnérables victimes de violence

Les victimes de violence sont écoutées par les animatrices du Guichet unique. Les animatrices, les délégués de la police te de la gendarmerie appuient les victimes dans la rédaction des plaintes sur leur demande, et font le suivi des plaintes dans les commissariats de police, dans les brigades de gendarmerie jusqu’à transmission des dossiers au tribunal. Les animatrices font également un suivi de ces plaintes en collaboration avec le Procureur qui appui le guichet unique. Cependant, les guichets uniques ne prennent pas en charge les cas de règlements à l’amiable.

Cas de violences enregistrées dans les guichets uniques de Brazzaville et Pointe-Noire de Janvier à Juin 2018

De Janvier à Juin 2018, 76 cas de violence à Brazzaville contre 104 cas de violences à Pointe Noire au niveau des guichets uniques des deux villes.

A Brazzaville, le guichet unique a reçu 36 cas de violence sexuelle, 3 cas violence physique, 21 de violence psychologique et 16 cas de violence économique. Parmi ces cas de violences, 60 cas ont concerné les mineurs (âgés  de moins de 18ans).

Sur les violences prises en compte dans le cadre du guichet à Pointe-Noire, 100 cas ont été suivis de Janvier 2018 à Juillet 2018 : 47 cas de violences sexuelles ont été enregistrées, 21 de violences économiques, 23 cas de violences psychologiques et 9 cas de violences physiques.

18 victimes (soit 3 à la gendarmerie et 15 à la police) à Brazzaville ont porté plainte à la Gendarmerie et à la police contre 80 à Pointe-Noire (56 à la police, 24 à la gendarmerie).

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