Une nouvelle vie pour Viviane sortie des griffes de la prostitution

 


Longtemps malmené par sa belle-mère, Viviane retrouve une lueur d’espoir grâce à la formation en couture qu’elle a débuté au mois de décembre. Une chance pour la jeune fille qui compte bien en faire usage.

Maltraitée par sa marâtre depuis l’âge de trois ans, Viviane, vit un enfer à Nkayi avec sa petite sœur. « A l’adolescence, elle n’a plus voulu me donner à manger prétextant que j’étais devenue assez grande pour me débrouiller » explique Viviane qui fait du manioc régulièrement pour acheter les fournitures scolaires et prendre soin de sa petite sœur. Un travail pénible qui ne lui permet pas de suivre correctement ses cours. « J’étais éreintée parfois je dormais en classe, c’est ce qui a fait qu’en classe de troisième j’ai dû quitter l’école et me consacrer totalement à la vente du manioc».
Malgré ses multiples efforts, elle tourne en rond. Désespérée, elle succombe à la proposition alléchante d’une amie qui lui rassure qu’elle gagnerait bien sa vie, si elle se prostituait. Pleine d’espoir elle se lance dans cette entreprise qui ne lui rapporte que remords, honte et dégoût durant trois ans. Bientôt elle déchante, « les tarifications variaient entre 1000 à 2000 Fcfa, mais quand tu tombais sur un salaud il pouvait de donner 500f, mais comme j’étais le besoin, j’étais obligée de l’accepter », avoue Viviane qui ne comprend toujours pas comment elle est arrivée à ce stade.
« Quand j’étais en face des gens je jouais un rôle, je riais pour ne montrer mon désarroi et lorsque je me retrouvais seule, c’était des larmes. Il fallait que je réagisse, ma mère était vivante bien que malade. J’ai donc pris la résolution de la rejoindre à Pointe Noire» a fait savoir Viviane qui en avait marre de cette vie de misère, qu’elle menait « En 2014, je dépose mes valises à Pointe Noire. J’avais peur d’attraper la maladie, et de mourir et de toute es façons, l’argent que l’on me payait ne servait que pour le manger et encore, parfois on ne mangeait même pas à notre faim ».
Auprès de sa mère elle trouve réconfort et amour, mais la vie n’est pas rose alors lorsqu’elle a entendu parler de la formation qu’Azur Développement offrait aux femmes vulnérables via le projet : Promotion des droits et automatisation économiques des femmes et jeunes filles vulnérables, Viviane sait que c’est un coût de grâce qui se présentait à elle, et qu’il fallait la saisir. « Le même jour, je suis allée m’inscrire, mon père s’est chargé des frais d’inscription et du transport. C’était le plus beau jour de ma vie » a déclaré la jeune fille d’un ton enjoué. Aujourd’hui, elle croise les doigts et espère sortir de cette formation, avec plein de ressources et de connaissance. « Je suis tombée sur une bonne formatrice, elle est à l’écoute de chaque apprenantes, elle ne nous cache rien. Ce qui est pardessus tout enthousiasmant c’est l’entente entre nous, cela me motive et me booste à faire mieux » a fait savoir cette dernière qui a été impressionnée dès le premier de la formation puisque dès le premier jour les apprenantes ont confectionné des boutonnières, ont fait le faufilage… Enfin, son souhait après les six mois de formation est de parfaire ses connaissances. « Je ne veux pas faire les choses à moitié, je ne suis pas venue ici pour perdre mon temps, j’ai quand même deux enfants et je dois préparer leur avenir » témoigne la jeune femme qui quitte parfois le quartier Siafoumou pour Mawata à pied.

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