VIH/SIDA à Loutété : l’apport du partenariat !

Google Image. Jeune Fille.

A Loutété, dans le département de la Bouenza, une association locale a réalisé une étude sur le droit à la santé des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Les résultats sont mitigés.  

 Intitulée : « Rapport d’enquête sur le droit à la santé de personnes vivant avec le VIH SIDA dans le contexte actuel Loutété 2019 », est une enquête réalisée en juin 2019 par l’Association pour le Développement de la Bouenza (A.D.B). Cette enquête de 16 pages met en lumière plusieurs problèmes par rapport au suivi des engagements du gouvernement en la matière.

Pour les examens indispensables d’inclusion au traitement antirétroviral (ARV), le rapport d’enquête mentionne que sur 09 examens indispensables à réaliser pour inclure un malade sous ARV, seulement 03 soit 33% des examens peuvent être réalisés à l’hôpital de Loutété. Quant aux examens du suivi biologique, l’enquête pointe à la page 8 : « Le suivi biologique des malades sous ARV à Loutété n’est pas réalisé, il est donc difficile pour le personnel soignant d’apprécier la charge virale d’un malade sous ARV. Sur 07 examens indispensables à réaliser pour le suivi biologique, seulement 02 (les moins importants) peuvent se faire ».

En effet, pour la répartition des PVVIH selon l’année d’inclusion au traitement, il ressort que sur l’ensemble de l’échantillon enquêté, 09 PVVIH sont sous traitement ARV depuis 2 ans et 05 d’entre elles sont à plus de 4 ans de traitement. Toutes ces enquêtées ont déclaré n’avoir pas été confrontées aux difficultés d’inclusion sous ARV.

Dans ce même registre, la situation de la Prévention de la transmission mère-enfant(PTME) à l’hôpital de référence de Loutété (2017-2019) était difficile. Selon la même source, la rupture des tests de confirmation de la sérologie VIH influence négativement le bon suivi des femmes enceintes et augmente le risque de contamination des nouveaux nés. Le dépistage n’est pas resté à la marge. À ce niveau, la situation du dépistage VIH à l’hôpital de référence de Loutété (Janvier 2017-Juin 2019) montre qu’il y a eu 09 perdus de vue niant la confirmation de leur séropositivité puis refusant d’être mis sous ARV, et 06 décès dont 03 femmes, 01 homme et 02 enfants, note l’enquête.

« Il y a des améliorations »

Malgré ce chapelet de problèmes, il sied de souligner des améliorations à l’hôpital de Loutété. Depuis le partenariat en 2019 entre AZUR Développement et l’hôpital de référence de Loutété, il y a des améliorations. D’après la sage femme Marie Claire Mazouka, nous avons reçu 3 à 4 fois des kits d’AZUR Développement. Ça aidé l’hôpital dans la prise en charge des patients. Cette dotation en kit (alcool, seringues, coton, gants, pullules, tests de determan plus ceux de conformation ImmnoComb) a apporté une motivation des gens de venir à l’hôpital pour se faire dépister. Avant, les gens fouillaient de venir se faire dépister à l’hôpital de Loutété, à cause du manque de la confidentialité des soignants, rapporte la sage femme Marie Claire, mère de 5 enfants. Elle témoigne « Les gens préféraient d’aller à Madingou, mais depuis 2019, il y a eu des améliorations. Les gens n’y vont plus à Madingou comme avant pour faire le test de dépistage. Je le fais maintenant ici. C’est grâce au partenariat AZUR Dév–hôpital que certaines pesanteurs commencent à disparaître à l’hôpital de Loutété », poursuit-elle « Si le test est avéré positif, le patient est mis sous traitement. Pour les autres examens (bilan d’inclusion, biologique), les gens vont les faire à Dolisie. Les gens retirent leur test sans problème, et je leur fais le conselling. Pour l’heure, nous avons encore des ARV en permanence à l’hôpital de Loutété. Ce qui manque, ce sont les gants, les seringues et l’alcool, à cause du Covid-19 »

Le professionnalisme de cette matrone de 54 ans à l’hôpital de Loutété a restauré la confiance entre elle et les clients. « Nous avons maintenant moins de perdus de vue, sauf ceux qui se déplacent sinon, je maîtrise tous les clients grâce aux visites à domicile (VAD) que j’effectue pour renouer la confiance des clients », confie-t-elle par téléphone.

Les recommandations de l’enquête                                                    

Ce rapport d’enquête se termine par des recommandation à l’endroit du gouvernement congolais, dont on peut citer : doter les structures de santé en  appareils de laboratoire pour la réalisation des examens de suivi biologique sur place, rendre de façon pérenne les ARV, renforcer le plateau technique de l’hôpital de référence de Loutété pour que les examens du suivi biologique se fassent sur place, faire un appui nutritionnel aux PVVIH pour faciliter une bonne observance du traitement, faire impliquer les PVVIH dans tous les programmes visant à promouvoir leurs droits, et mettre en place un fonds d’appui aux initiatives communautaires pour financer les activités génératrices de revenus des PVVIH afin de faciliter leur autonomisation économique. À noter qu’à cause du Covid-19, aucune activité n’est prévue pour l’heure par ADB.

Il sied de signaler que cette enquête a été réalisée dans le cadre du projet « promotion des droits et autonomisation économique des femmes et filles vulnérables », mis en œuvre par AZUR Développement dans les départements de Brazzaville, Bouenza et Pointe-Noire, avec le financement de l’Union européenne pour une durée de 30 mois.

Jean Thibaut Ngoyi

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