VIH/SIDA : Des efforts encore insuffisants dans la prévention

Google image. Infirmière.

Depuis le ralentissement des activités du secrétariat exécutif permanent (SEP) fin 2014, l’une des structures réputées dans la prévention du VIH/Sida, avec le « kersivac », les OSC tiennent tant soit peu aujourd’hui la route en la matière, et entre autres. En juin 2019, l’Association Jeune Exprime Toi sur le Sida (AJETS) a mené une enquête sur la prévention du VIH chez les jeunes filles dans quelques arrondissements de Pointe-Noire.

Dans cette enquête, l’Association Jeune Exprime Toi sur le Sida (AJETS) inventorie les efforts du gouvernement de la république dans son programme de développement sanitaire qui a pris des engagements vis-à-vis de la loi n°30-2011 du 3 juin 2011 portant lutte contre le VIH et le Sida et protection des droits des personnes vivant avec le VIH, en rapport avec la prévention de la jeune fille congolaise contre le VIH, confère les articles 8, 9, 10 et 15 de ladite loi. En 1985, un Comité du diagnostic et de prise en charge de l’infection à VIH était mis en place et s’est ensuite transformé en Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) en 1987. En 2002, un cadre stratégique instituant le multisectoriel de la réponse nationale au VIH/Sida  a vu le jour : le cadre  stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST avec pour organe exécutif le conseil national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST (CNLS). Des programmes des sensibilisations sur le VIH/SIDA ont vu le jour dans divers départements ministériels. Ils ont été exécutés jusqu’à un certain moment et se sont effondrés vers 2012.

Les défis à relevés

Malgré ce pas affranchi dans la lutte contre la pandémie du Sida après des longues années, actuellement, la situation sur la  prévention du VIH chez les jeunes filles est une autre réalité. Selon le rapport d’enquête d’AJETS, les activités du VIH/Sida ne sont plus que la préoccupation des Organisations de la société civile (OSC), mais souvent handicapées par les moyens financiers pour se déployer sur le terrain. Une analyse des textes législatifs en faveur de la Santé sexuelle et de la reproduction au Congo, menée par le projet « promotion et autonomisation des femmes et filles vulnérables » a révélé plusieurs vides juridiques et administratifs, mentionne l’enquête.

En milieu scolaire, l’éducation sexuelle de la jeune fille, face au VIH/Sida est de 71%, rapporte la même source. Des filles rencontrées au cours de cette enquête ont reconnu n’avoir bénéficié  d’aucune éducation sexuelle pour se prévenir et se mettre à l’abri de cette pandémie et des IST. Quant à l’éducation sexuelle de la jeune fille face à la pandémie du Sida dans des quartiers, le rapport pointe 82% des filles enquêtées n’ont pas bénéficié d’une éducation sexuelle et n’ont pas une connaissance de base  sur le  VIH/Sida.

À l’école comme dans le quartier, la jeune fille est sensibilisée sur la loi portant protection des PVVIH.  Selon cette enquête, 55% des Jeunes filles  à l’école n’ont pas de connaissance sur la loi N° 030-2011 du 3 juin 2011 portant lutte contre le VIH/SIDA et protection des droits des personnes vivants avec le VIH alors que dans le quartier, 77% n’ont pas de connaisance sur la même loi. 

Les Recommandations

L’enquête a formulé deux types de recommandations. Les premières sont à l’endroit du gouvernement congolais : redynamiser les activités de sensibilisation (Kersivac) sur le VIH/SIDA dans les écoles, les quartiers, réorganiser les campagnes de masse dans les quartiers, veiller sur la gratuité du dépistage volontaire des jeunes, intégrer des modules de prévention, d’éducation des jeunes et de protection sur les droits des PVVIH à tous les niveaux de l’enseignement, renforcer la protection des jeunes filles et des femmes vulnérables contre le VIH en mettant en place des stratégies et politique d’assistance, de lutte et de mise en formation professionnelle de ces dernières (création des occupations des filles et femmes).

Aux OSC, elles doivent intensifier les sessions d’éducation sexuelle des jeunes filles dans les établissements scolaires et dans les quartiers, créer des clubs de concertation des jeunes filles et garçons dans les établissements scolaires pour faire connaître les risques de contracter la maladie d’une part et les droits en lien avec la loi, d’autre part. À cause du Covid-19, AJETS n’a prévu aucune activité pour l’heure.

Cette enquête sur la prévention du VIH chez les jeunes filles : défis actuels (en lien avec la loi n°030-2011 du 3 juin 2011 portant lutte contre le VIH et le Sida et protection des droits des personnes vivant avec le VIH) a été réalisée en juin 2019 par AJETS, une association de Pointe-Noire, dans le cadre du « Projet de promotion des droits et autonomisation socio-économique des femmes et filles vulnérables», mis en œuvre par AZUR Développement, avec le financement de l’Union européenne.

Jean Thibaut Ngoyi

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